« Nous avons quitté Médine et voyagé jusqu’à atteindre Khaybar… L’apôtre d’Allah a envoyé cinq d’entre nous, ibn Atik, ibn Unays, Abu Qatada, ibn Khuzai et ibn Sinan. Nous avons atteint Khaybar et ibn Atik envoya chercher sa belle-mère en disant où il se trouvait. Elle revint avec un sac rempli de dates sélectionnées et de pain. Nous en avons mangé et il lui dit :
- Mère, c’est maintenant le soir, donne nous l’hospitalité dans ta maison, que l’on puisse entrer dans Khaybar.
Sa belle-mère lui dit :
- Comment pourrais tu entrer dans Khaybar, alors qu’il y a là quatre cent guerriers ? Contre qui en avez vous ?
Il répondit :
- Abu Rafi.
Elle dit :
- Vous serez incapable de l’atteindre.
Il dit :
- Par Allah, je vais le tuer ou je serai tué dans la tentative.
Alors elle dit :
- Alors viens avec moi dans la nuit.
Alors ils entrèrent avec elle, alors que les gens de Khaybar étaient endormis. Elle leur dit :
- Attaquez ensemble quand tout est calme… Les juifs ne ferment pas leurs portes par sécurité, de peur qu’un invité n’arrive durant la nuit, et quiconque arrive dans la cour, n’ayant pas encore reçu l’hospitalité, trouvera la porte ouverte et pourra entrer et souper.
Quand tout fut tranquille, elle dit :
- Allez voir Abu Rafi et demandez à le rencontrer… pour lui donner un présent, et ils vous ouvriront.
Ils le firent…
Ils mirent en premier ibn Atik, parce qu’il parlait la langue juive, et ils demandèrent à être admis auprès d’Abu Rafi ; sa femme est arrivée et a dit :
- Quelle est la nature de votre affaire ?
Ibn Atik répondit, parlant la langue juive :
-Nous lui apportons un présent.
Elle ouvrit donc la porte, et quand elle vit son arme, elle se mit à hurler.
(Ils) poussèrent contre la porte pour permettre à ibn Atik de rentrer en premier. Elle essaya à nouveau de crier, mais il l’a menaça de son sabre. Elle resta silencieuse un moment.
(récit d’Ibn Unays) Je lui dis alors:
- Ou est Abu Rafi ? Dis moi, où je te frappe de mon sabre !
Elle dit :
- Il est dans la chambre. Nous sommes allés chez lui et nous ne pouvions le distinguer que par la silhouette blanche, parce qu’il ressemblait à un vêtement à la mode égyptienne. Nous nous sommes rués sur lui avec nos sabres ; sa femme se mit à hurler et l’un d’entre nous était sur le point de la tuer mais il s’est souvenu que l’apôtre d’Allah a interdit de tuer les femmes.
Quand nous l’avons atteint, nous avons remarqué que le plafond était trop bas pour nous, et nos sabres rebondissaient sur lui.
Je ne voyais rien à cause de l’obscurité de la nuit, mais je l’ai vu comme si c’était la lune. J’ai appuyé mon sabre sur son ventre et quand je l’ai entendu qui touchait le lit, j’ai su qu’il était mortellement atteint. Les autres ont continué à le frapper.
Alors nous sommes redescendu, mais Abu Qatada a oublié son arc. Ses compagnons lui ont dit :
- Laisse ton arc !
Mais il est retourné et l’a récupéré. Il s’est foulé le pied et les autres ont dû le porter. La femme d’Abu rafi a hurlé, et les gens de la maison ont entendu le cri après le meurtre…
Quand nous sommes revenus sur le chemin de Médine, chacun d’entre nous prétendait l’avoir tué. Nous sommes allés voir le prophète, qui était sur le minbar. Quand il nous a vu, il dit :
- Soyez heureux !
Nous lui avons dit alors :
- Sois heureux !
Il dit :
- L’avez-vous tué ?
Nous avons répondu :
- Oui.
Et chacun a prétendu l’avoir fait.
Il dit alors :
- Apportez-moi vite vos sabres !
Nous lui avons apporté nos sabres. Il dit alors :
- Celui-ci l’a tué : il y a encore des traces de nourritures sur le sabre d’ibn Unays(Waqidi 25)
Livre des Expéditions 25).


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